Une première hivernale, ça se mérite !

Récit d'Antoine, un ami d' OGARUN et de son aventure avec Yann Borgnet (https://www.alpinelines.fr), ambassadeur OGARUN, dans le Mont Blanc du Tacul - Goulotte Modica Noury.

Mercredi 4 et jeudi 5 mars 2020 :

L’approche rapide à ski sous l’Aiguille du midi nous réserve poudreuse et soleil dans un cadre incroyable, une belle introduction à cet objectif du jour.

 

L’ascension est superbe, 700m de neige, de glace et de rocher qui nous régale dans une température de congélateur. Quelques passages raides et techniques nous valent de belles onglées, la grimpe est superbe et notre cordée s’éclate !

Mais les nombreux rappels de la descente laissent le ciel se couvrir peu à peu, pour se transformer en une tempête de neige qui nous transportent dans une autre dimension: de la montagne plaisir je glisse dans son austère hostilité.

Nous voyons à peine à 2m, la nuit tombe et des rafales de neige nous feraient presque vaciller. Nos prévisions météo n’avaient pas prévu ça, c’est la montagne et il nous faut nous adapter.

La descente prévue par la Vallée Blanche et ses champs de crevasses est trop dangereuse, nous décidons de nous replier sur le refuge Torino.
Cet itinéraire d’ordinaire sympathique devient un vrai périple de nuit et dans la tempête. Évidemment, en grand professionnel, j’ai oublié ma frontale et mon masque, je me fais donc fouetter sans rien voir jusqu’à ressembler à un albinos.
On brasse, on se fait bousculer par les rafales, on s’enfonce, mais Yann est en mission et fait la trace en mode déneigeuse, nos peaux de phoques congelées s’envolent et on serpente à vue entre les crevasses. Sans frontale je ne vois rien et j’ai des stalactites autour des yeux, que du bonheur...
Si l’un de nous perd ses peaux de phoque ou casse une fixation, ce sera l’igloo.

On ne lâche rien et au bout de 5h de tabasse, nous arrivons au refuge vers minuit, démontés !


Le refuge pour nous seuls, on trouve une assiette de charcuterie laissée par les gardiens italiens autour de laquelle on débriefe à chaud. Mais je reste sonné par ces heures en mode survie.

L’apprentissage aura été énorme pour ma part. Voilà ce qui arrive quand la montagne vous donne une violente leçon d’humilité.

1 commentaire

Antoine

Merci pour la publication ! Aucun doute, Ogarun m’a bien tenu chaud alors merci !!

Antoine

Laisser un commentaire

Tous les messages sont validés avant d'être publiés