OGARUN stoppe le recyclé

On vous explique pourquoi. 

On a fouillé et on s'est mis à douter.

La lecture du livre de Flore Berlingen (Recyclage, le grand enfumage, Ed rue de l'échiquier) suivie de discussions avec des filateurs français nous ont convaincu qu'il fallait faire autrement. 

Flore Berlingen nous démontre dans son livre la non-recyclabilité de nombreux déchets que l’on croyait pourtant recyclable. Faute de moyens, de bonnes techniques, les solutions manquent souvent pour recycler les déchets malgré la mention recyclable indiquée sur de nombreux produits.

Concevoir des vêtements en matière recyclée, pour une marque comme OGARUN qui prône le 100% transparence, relève d'un paradoxe. Quand on prend le temps de creuser la question, le constat est sans appel : opacité de la filière. Provenance des déchets utilisés, organisation de la collecte, lieux de transformation en fil et bien sur materiaux utilisés.

Bref, nous OGARUN, sommes en plein doute. 

L’économie circulaire ne serait-elle pas devenue l’alibi du jetable ? 

LE RECYCLÉ, EXEMPLE DU POLYESTER

Le polyester est présent “partout” ou presque. De l’industrie textile en passant par le mobilier, la literie, nous nous habillons pétrole, nous dormons pétrole, sous des couettes synthétiques, sur des matelas en mousse.

Cette matière, dérivée du plastique et dont le processus de fabrication est basé sur du pétrole, est en plus très polluante et énergivore. Sa production se compte en millions de tonnes par an et donc en millions de barils.

Oui mais alors polyester recyclé, quésako ?

Il existe 2 formes de polyester recyclé : celui produit à partir de résidus de production, déchets industriels, donc non passé entre les mains de consommateurs (déchets pré-consommation) et celui issus de déchets ayant déjà “servis”, comme les bouteilles d’eau en plastique (PET) par exemple (déchets post-consommation). Beaucoup de communication est faite autour du premier. Les chutes de matières premières ont souvent été utilisées dans le passé, ça n'est pas nouveau. Ce qui l'est, c'est la com' qui est faite autour. 

Les deux questions qui se posent ici : 1/ peut-on parler réellement de recyclage ? 2/ quel moyen de contrôle pour le consommateur final que son achat n'a pas généré de production ad-hoc ?

Une nouvelle activité est née autour des déchets post-consommation : le nettoyage de l'océan par des bateaux de pêche transformés en bateaux de tri.

L'entreprise SEAQUALE par exemple, propose un fil à partir de ces bouteilles plastiques collectées en mer et transformées sur terre. 

Activité louable car d'un coté, on nettoie et de l'autre on réutilise. Patagonia, déjà dans les années 1990, proposait une polaire fabriquée à partir de bouteilles de plastique recyclées. 
Certes le modèle semble en première lecture plus durable car il monopolise moins de ressources et évite le gaspillage tout en trouvant des débouchés à nos déchets.
Mais est-ce pour autant vraiment une solution “propre” et vertueuse ?

Il est en fait extrêmement complexe de recycler du polyester lorsqu’il se trouve dans la composition de produits, mélangé à d’autres matières et fibres textiles. Cela entraîne alors la nécessité de trier les fibres pour ne récupérer que celles souhaitées, procédé improductif et impliquant un recyclage partiel uniquement sachant que la majorité des vêtements ne sont pas composés à 100% de polyester.

Autre point non négligeable à prendre en considération, le recyclage du polyester n’est pas réalisable à l’infini puisqu’à chaque transformation la fibre se fragilise et perd en qualité. Il faut alors la re-mélanger avec une fibre vierge, ce qui devient un non sens.

Sa destination finale restera la décharge ou l’incinération. La pollution sur l’ensemble du cycle de vie du polyester, même recyclé, reste forte.
Et même hors process de transformation, la pollution se fait à de nombreuses étapes, se retrouve dans de nombreux endroits. On parle ici des fameuses microparticules de plastiques que l’on retrouve dans les eaux usées lorsque nous lavons nos vêtements, puis dans les stations d’épuration et enfin dans nos océans où elles mettent à mal la biodiversité.

Pour garantir des débouchés à haute valeur ajoutée, il faut une matière recyclée de qualité. Tout se joue aux étapes de tri industriel et de recyclage, et vous l’avez compris il n’est pas simple de garantir cette qualité. 

 ET POUR OGARUN, ÇA CHANGE QUOI ? 

Des modifications pour notre short ! Notre short OGARUN 2 en 1 a été conçu dans un polyester recyclé regroupant plusieurs labels sérieux. Pour autant, la filière du textile recyclée devient de plus en plus opaque. Quand vous posez la question à un filateur “quel est le pourcentage de PET (polymère) dans votre tissu labellisé ?”, il n’est pas capable de vous répondre de manière précise.
Il y a 5 ans, les industriels communiquaient sur un taux de 40% de polymère recyclé dans leurs formules. Aujourd’hui, ce chiffre a fortement chuté tout en restant flou. On nous annonce 10 à 30%.

Les raisons : il y en a deux : la première est une question de demande. Le fil recyclé est à la mode, et même s’il est plus cher, la demande explose. Puisque l’offre ne suit pas, on dilue. La seconde raison est un problème d’offre : les industriels peinent à produire du fil recyclé car la filière est coûteuse et complexe. Le recyclage coûte cher à mettre en œuvre car il demande des investissements lourds à plusieurs niveaux : entreprises, état et collectivités.
Les collectivités sont exsangues car elles ont financé en grande partie les infrastructures locales (incinérateurs, déchèteries, récolte de la matière première). L’industrie fait tout pour payer le moins possible, et l’état a d’autres priorités. 

De notre coté, chez OGARUN, notre philosophie est simple : on met notre énergie pour moins consommer, utiliser un maximum de matière naturelle, réparer et réutiliser
Quelques exemples concrets :

  • Expéditions de 100% des commandes de nos clients dans des colis réutilisables Hipli. Fini le carton mono usage, vive le colis qui va faire une centaine de livraisons. 

  • Nous réutilisons les cartons utilisés par LEMAHIEU pour nous livrer pour nous même envoyer nos produits aux magasins de sport qui référencent OGARUN 

  • Pas de plastique, ni de papier dans nos commandes. 

  • Nos vêtements sont polyvalents : un t-shirt peut servir à courir, marcher, naviguer, skier, pêcher, pas besoin de se sur-équiper

  • Depuis le début d’année, les vêtements défectueux sont réparés par une raccommodeuse chez LEMAHIEU, puis revendus en occasions à moitié-prix sur le site 

  • Chaque vêtement est produit à 200 exemplaires. Quand le stock est inférieur à 10 pièces par taille, on relance une production de 200 pièces. Pas de sur-stockage ni de surproduction 

  • La gamme lancée fin 2019 est toujours la même. Il n’y a pas de fin de série chez OGARUN. Les nouveautés viennent compléter les usages, sans chasser les produits déjà existants. 

  • OGARUN ne cherche pas à convaincre et ne s’adonne pas à une publicité aguicheuse. Nous accueillons, servons et livrons nos clients qui sont déjà convaincus. C’est au consommateur de cheminer vers une consommation plus responsable. 

On pourrait résumer ainsi : on ne veut pas faire de nos déchets des ressources, on veut simplement ne pas faire de déchets du tout. 

Conclusion pour notre prochain short : il sera en polyamide, point. Fil, tissu, teinture sont faits en Ardèche par la société PAYEN, champions de tissus pour le sport (Arc’terix, Salomon …), qui n’a pas eu peur en fin d’année dernière de supprimer sa production de fils recyclés faute de traçabilité. Le short sera assemblé en Normandie par Jean-Luc et son équipe de GARUDA SPORT. 

Pour nos tenues vélo aussi nous opterons pour du 100% polyamide pour les hauts été, en confectionnant des produits faits pour durer. Les hauts automne hiver contiendront 30% de laine mérinos (et 70% polyamide), idem pour le cuissard (sauf l’entrejambe 100% polyamide). La peau quant à elle est fabriquée en Italie par “Elastic Interface” modèle Force H/F.
Nous sommes fiers du composant BALDUR, qui, avec 30% de mérinos donne un tissu malin : l'intérieur, au contact de la peau, est en mérinos. L'extérieur, qui fait barrière au vent, est en polyamide.

Finalement, que cela soit pour nos vêtements historiques et nos nouveautés, l’objectif reste inchangé : s’entourer des meilleurs pour atteindre cette cible ET concevoir et fabriquer des tenues, toujours sur les mêmes principes : le plus local possible, en matière naturelle laine mérinos dès que cela apporte des bénéfices, en visant la meilleure durabilité et une polyvalence décuplée. 

 

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